Mercredi 22 avril 2026, 8h30 à 10h / en ligne sur Zoom
Le changement climatique recompose l’assurance habitation et ravive la question des limites d’assurabilité. En France, dans le cadre du mécanisme Cat-Nat, l’enjeu apparaît moins comme une disparition formelle de la garantie que comme un retrait effectif de certains assureurs (non-cotation, durcissement des règles, non-renouvellement, tarification dissuasive), en écho aux diagnostics récents, notamment du rapport Langreney. Pour analyser ces dynamiques, il devient indispensable de sortir du cadre actuariel classique (“un assureur–un portefeuille”). La concurrence se comprend via la théorie des jeux (équilibres non coopératifs), avec l’idée importante qu’un équilibre où les acteurs cherchent à maximiser leurs profits (suivant un ensemble de règles) peut être non optimal socialement lorsqu’on raisonne en termes de bien-être.
Le séminaire présentera ensuite quelques faits empiriques du marché français de l’assurance habitation, issus d’une collecte contrôlée de devis et confrontés aux hypothèses de plusieurs rapports, ainsi qu’à des entretiens avec des actuaires sur le marché français. Enfin, un modèle de concurrence dynamique, formulé comme un jeu séquentiel, permettra d’éclairer le rôle stratégique de la granularité de tarification, la dynamique de sélection/retrait et les équilibres de long terme, au cœur de la tension entre segmentation du risque et solidarité.
Raphaël Dalbarade
CREST-GENERALI
Raphaël Dalbarade est actuaire associé et ingénieur statistique diplômé de l’ENSAE Paris, titulaire d’une double licence en économie et mathématiques à l’Université Paris-Saclay. Chargé de travaux dirigés en microéconomie à l’Université Paris-Dauphine, il a réalisé son stage de fin d’études à la Chaire PARI sous la direction de Laurence Barry et Arthur Charpentier, portant sur l’étude et l’impact des comportements d’assureurs sur le marché de l’assurance multirisque habitation face aux catastrophes naturelles en France, en mobilisant la théorie des jeux et la modélisation dynamique de marché. Il débutera en 2026 une thèse de doctorat au CREST et chez Generali France intitulée « Assurabilité du risque climatique entre segmentation et mutualisation : Théorie des jeux, concurrence, équilibres, et politiques publiques ».
Arthur Charpentier
Université du quebec à montreal
Arthur Charpentier, ENSAE, PhD en mathématiques appliquées et membre de l’Institut des Actuaires est aujourd’hui professeur à l’Université du Québec à Montréal, après avoir enseigné à l’Université de Rennes, l’ENSAE et l’École Polytechnique. Il a participé au lancement de la formation Data Science pour l’Actuariat de l’Institut des Actuaires. Il est auteur de nombreux articles académiques, tant en économie qu’en mathématiques. Ses recherches portent sur la modélisation actuarielle des risques, sur les liens entre données et modèles.