Allouer le capital au temps : introduction de la migration du risque de crédit pour mesurer les risques temporels.

Mercredi 13 mai 2026, 8h30 à 10h / en ligne sur Zoom

Photo de Majid Rangrazsur Unsplash

Dans cet exposé, nous explorons le défi de l’évaluation du risque lié au temps. Les cadres réglementaires traditionnels d’allocation du capital pour les risques d’assurance à longue queue n’exigent pas des assureurs qu’ils détiennent du capital de solvabilité dès le début du processus. Or, cette approche peut sous-estimer le risque de détérioration de la qualité de crédit d’une entreprise avant que le capital ne soit effectivement nécessaire, ce qui contredit les principes d’une gestion prudente des risques, lesquels préconisent d’allouer le capital dès qu’un risque est reconnu. À l’inverse, de nombreuses stratégies actuarielles de gestion du capital appliquées en pratique peuvent souvent s’interpréter comme allouant ce capital plus tôt que ne l’exige la réglementation, ce qui pourrait s’avérer trop conservateur.

Pour résoudre ce dilemme, nous proposons un cadre permettant de quantifier les risques dépendant du temps, en intégrant une migration exogène du risque de crédit et en analysant les conséquences financières de son omission. Un avantage essentiel de notre approche est qu’elle élimine le recours aux simulations de Monte Carlo dans les scénarios multi-étapes, dont la mise en œuvre est souvent impraticable sur le plan informatique.

À l’aide de ce cadre, nous évaluons six stratégies différentes d’allocation du capital, en tenant compte des coûts liés à une éventuelle insolvabilité survenant avant le règlement des sinistres à long terme. Enn, nous présentons les principales considérations pratiques pour la mise en œuvre de cette approche dans le contexte de risques d’assurance à queue lourde susceptibles de se matérialiser au-delà d’un horizon d’un an.

Michel Dacorogna

Prime RE solutions

Michel Dacorogna est associé chez Prime Re Solutions depuis 2017, où il conseille les institutions financières sur des questions actuarielles et économiques. Auparavant conseiller scientifique du président de SCOR, il en a également été le directeur adjoint des risques, pilotant la mise en œuvre de Solvabilité II et le développement du modèle interne du groupe. En 2009, Risk Magazine lui a décerné le prix « Insurance Risk Manager of the Year ». Titulaire d’un doctorat en physique théorique de l’Université de Genève et post-doctorant à l’Université de Californie à Berkeley, il est auteur ou co-auteur de plus de 95 publications scientifiques. Son ouvrage An Introduction to High-Frequency Finance fait toujours référence dans le domaine. Il enseigne notamment à l’ETH de Zurich et à l’ESSEC Business School (Paris), et a publié avec Lars Jaeger « Où nous mène la science ? Et que pouvons-nous faire pour l’orienter ? ».